À quoi sert ce modèle
Une PME n’est pas attaquée parce qu’elle est intéressante, mais parce qu’elle est facile : un mot de passe réutilisé, une sauvegarde jamais testée, un poste jamais mis à jour. Cet audit passe en revue ce qui rend une entreprise facile ou difficile à attaquer, avec des questions auxquelles on peut répondre sans être informaticien — et quand il faut demander au prestataire, la question le dit.
Il reprend l’esprit du guide d’hygiène informatique de l’ANSSI et le barème des audits professionnels (Oui, Partiel, Non, N/A), mais laisse de côté ce qui relève d’un expert : tests d’intrusion, analyse des journaux, configuration des pare-feux. Ça, c’est un autre audit, pour un autre public.
Pour qui : dirigeant de PME ou TPE, responsable administratif, responsable qualité ou sécurité qui « s’occupe aussi de l’informatique », prestataire informatique qui veut donner un état des lieux lisible à son client.
Fréquence recommandée : une fois par trimestre. Une fois par mois pendant les six mois qui suivent un incident ou un changement de prestataire. Les assureurs et les donneurs d’ordre demandent de plus en plus la preuve que ça a été fait.
Ce que mesure le score : la part des mesures en place. Sous 50 %, l’entreprise est une cible facile : actions urgentes. Entre 50 et 75 %, les bases existent mais tiennent sur une personne ou un coup de chance. Visez 76 % et plus : des mesures qui tiennent toutes seules, vérifiées régulièrement.
Les 46 points de ce modèle
0 questions notées sur 46. Chaque question a son type de réponse et, quand c’est utile, un seuil d’alerte.
Ce modèle est un point de départ. Une fois copié dans votre compte, tout se modifie : les questions, leur formulation, les seuils, les sections, et vous ajoutez vos propres points de mesure.
Organisation et responsabilités
-
Non / Partiel / Oui
Une personne est responsable de la sécurité informatique dans l’entreprise, même à temps partiel
Un salarié, le dirigeant lui-même ou le prestataire : ce qui compte, c’est que ce soit écrit et connu de tous.
-
Non / Partiel / Oui
Des règles d’usage de l’informatique existent et chaque salarié les a lues et signées
La « charte informatique » : mots de passe, usage personnel, clés USB, télétravail, que faire en cas de doute.
-
Non / Partiel / Oui
La direction a fait le point dans l’année sur les risques informatiques et ce qui est en place
Une heure par an suffit : qu’est-ce qui nous arrêterait, qu’est-ce qui nous coûterait le plus ?
-
Non / Partiel / Oui
Les obligations légales et contractuelles sont identifiées (RGPD, exigences des clients, contrat d’assurance cyber)
Le questionnaire de l’assureur et les clauses des gros clients disent ce qu’on attend de vous.
-
Non / Partiel / Oui
Le prestataire informatique a un contrat écrit, avec clause de confidentialité et délai d’intervention
Sans contrat, pas de délai garanti le jour où tout est arrêté.
-
Non / Partiel / Oui
Le budget et le temps consacrés à la sécurité informatique sont décidés pour l’année
Même modeste. Une sécurité sans budget repose sur la bonne volonté.
Inventaire et données
-
Non / Partiel / Oui
La liste des ordinateurs, serveurs, téléphones et équipements réseau est à jour : qui l’utilise, où il est
On ne protège pas ce qu’on ne connaît pas. Une feuille de calcul suffit.
-
Non / Partiel / Oui
La liste des logiciels et des abonnements en ligne est à jour, avec les licences
Y compris les outils pris par un service sans en parler : messagerie, partage de fichiers, gestion de paie.
-
Non / Partiel / Oui
La description du réseau et des accès Internet est écrite et accessible à un remplaçant
Box, pare-feu, wifi, serveurs, prestataires : de quoi s’y retrouver si la personne qui sait n’est pas là.
-
Non / Partiel / Oui
On sait quelles données sont sensibles (clients, paie, plans, devis, brevets) et où elles sont stockées
Serveur, postes, cloud, téléphones, clés USB… et parfois dans une boîte mail.
-
Non / Partiel / Oui
Les équipements sortants (postes, disques, téléphones, imprimantes) sont effacés ou détruits avant de partir
Un disque revendu ou jeté sans effacement, c’est l’entreprise entière dans une benne.
Personnes et formation
-
Non / Partiel / Oui
Les salariés ont été sensibilisés dans l’année aux mails piégés, aux pièces jointes et aux mots de passe
Une demi-heure, des exemples réels reçus par l’entreprise. C’est la mesure la plus rentable de cette grille.
-
Non / Partiel / Oui
À l’arrivée d’un salarié, ses accès sont créés selon une liste ; à son départ, ils sont coupés le jour même
Messagerie, logiciels, badge, wifi, accès à distance, outils en ligne. La liste évite l’oubli.
-
Non / Partiel / Oui
Une seule personne ne détient pas à elle seule tous les mots de passe et toute la connaissance du système
Si elle est absente, malade ou partie, l’entreprise doit pouvoir continuer : mots de passe d’administration consignés en lieu sûr, procédures écrites.
-
Non / Partiel / Oui
Les salariés savent à qui signaler un mail ou un comportement suspect, et le font
Un signalement en dix secondes vaut mieux qu’un silence par peur d’avoir cliqué.
-
Non / Partiel / Oui
Les personnes qui manipulent des données sensibles connaissent les règles d’envoi, de stockage et d’impression
Paie, données clients, plans : pas par mail en clair, pas sur une clé USB personnelle, pas à l’imprimante partagée sans aller la chercher.
Locaux et matériel
-
Non / Partiel / Oui
Le local serveur ou la baie réseau est fermé à clé, avec un accès limité aux personnes autorisées
Un serveur dans un couloir ou un placard ouvert se débranche, se vole ou s’arrose.
-
Non / Partiel / Oui
Les visiteurs sont accompagnés dans les zones où se trouvent des postes et des données
Bureaux, atelier avec postes connectés, local technique.
-
Non / Partiel / Oui
Le local technique est protégé de l’incendie, des fuites d’eau et de la chaleur
Détecteur de fumée, pas sous une canalisation ni une toiture douteuse, ventilation ou climatisation suffisante.
-
Non / Partiel / Oui
L’alimentation électrique des serveurs et équipements réseau est secourue par un onduleur, testé dans l’année
L’onduleur laisse le temps de s’arrêter proprement ; une batterie morte ne le fait pas.
-
Non / Partiel / Oui
Les postes se verrouillent automatiquement après quelques minutes d’inactivité et à la fermeture de session
Un poste ouvert dans un bureau vide, c’est un accès pour n’importe qui.
-
Non / Partiel / Oui
Les ordinateurs portables et les téléphones professionnels sont chiffrés et protégés par un code
Chiffrement activé (BitLocker, FileVault, chiffrement du téléphone) : un appareil perdu reste illisible.
Comptes et mots de passe
-
Non / Partiel / Oui
Chaque personne a son propre compte ; pas de compte partagé (« atelier », « accueil ») sauf cas justifié et surveillé
Sans compte nominatif, impossible de savoir qui a fait quoi, ni de couper un accès sans gêner tout le monde.
-
Non / Partiel / Oui
Chacun n’a accès qu’à ce dont il a besoin pour son travail, et les droits sont revus au moins une fois par an
La compta n’a pas besoin des plans, l’atelier n’a pas besoin de la paie.
-
Non / Partiel / Oui
Les comptes administrateur sont peu nombreux, nominatifs, et ne servent pas au travail quotidien
On administre avec un compte dédié, on travaille avec un compte normal.
-
Non / Partiel / Oui
Les mots de passe sont longs (12 caractères ou plus), différents pour chaque service, et un gestionnaire de mots de passe est proposé aux salariés
Le gestionnaire évite le carnet et le post-it. Longueur avant complexité.
-
Non / Partiel / Oui
La double authentification (code sur le téléphone) est activée sur la messagerie, les accès à distance et les outils en ligne sensibles
C’est la mesure qui arrête le plus d’attaques pour le moins d’effort. À demander au prestataire si besoin.
-
Non / Partiel / Oui
Les mots de passe par défaut ont été changés sur la box, les imprimantes, les caméras, le wifi et les équipements réseau
Les mots de passe d’usine sont publics.
-
Non / Partiel / Oui
Les accès à distance (télétravail, prestataire) passent par un accès sécurisé (VPN ou équivalent) et sont tracés
Pas de bureau à distance ouvert directement sur Internet. À vérifier avec le prestataire.
Postes, serveurs et réseau
-
Non / Partiel / Oui
Les mises à jour du système et des logiciels s’installent automatiquement sur tous les postes
La plupart des attaques exploitent une faille déjà corrigée depuis des mois.
-
Non / Partiel / Oui
Les serveurs et les équipements réseau (box, pare-feu, switch, NAS) sont mis à jour régulièrement, et aucun n’est en fin de support
Un serveur ou un Windows plus maintenu n’a plus de correctifs : il faut le remplacer ou l’isoler.
-
Non / Partiel / Oui
Un antivirus (ou EDR) est installé, actif et à jour sur tous les postes et serveurs, et quelqu’un est alerté quand il s’arrête
Présent sur tous, pas sur « la plupart ». L’alerte en cas d’arrêt fait la moitié de la mesure.
-
Non / Partiel / Oui
Les utilisateurs ne sont pas administrateurs de leur poste et ne peuvent pas installer n’importe quel logiciel
Un mail piégé cliqué par un utilisateur simple fait beaucoup moins de dégâts.
-
Non / Partiel / Oui
Le wifi de l’entreprise est séparé du wifi invité, tous deux avec un mot de passe robuste
Les visiteurs et les téléphones personnels n’ont rien à faire sur le réseau des postes et des serveurs.
-
Non / Partiel / Oui
Un pare-feu protège la connexion Internet et seuls les accès nécessaires sont ouverts
Question pour le prestataire : « qu’est-ce qui est ouvert depuis l’extérieur, et pourquoi ? »
-
Non / Partiel / Oui
Les clés USB et disques externes sont contrôlés (analyse antivirus) ou interdits
Une clé trouvée sur le parking est un classique qui marche encore.
-
Non / Partiel / Oui
La messagerie a un filtre anti-spam et anti-hameçonnage actif, et le nom de domaine est protégé contre l’usurpation (SPF, DKIM, DMARC)
Trois réglages que le prestataire ou l’hébergeur de la messagerie pose en une heure. Ils empêchent qu’on écrive en votre nom.
Sauvegardes et continuité
-
Non / Partiel / Oui
Les sauvegardes sont automatiques et quotidiennes, et couvrent tout ce qui compte : serveur, postes clés, outils en ligne
Y compris la messagerie et les fichiers dans le cloud : « c’est dans le cloud » n’est pas une sauvegarde.
-
Non / Partiel / Oui
Une copie des sauvegardes est hors site ou hors ligne, inaccessible depuis le réseau
Règle du 3-2-1 : trois copies, deux supports, une hors les murs. Un rançongiciel chiffre aussi les sauvegardes connectées.
-
Non / Partiel / Oui
Une restauration a été testée dans les six derniers mois, et elle a fonctionné
Un fichier, un dossier, un serveur entier : notez la date et le temps que ça a pris.
-
Non / Partiel / Oui
On sait combien de temps l’entreprise peut tenir sans informatique, et ce qu’on fait pendant ce temps
Un plan de reprise, même d’une page : qui appelle qui, comment on facture, comment on produit.
-
Non / Partiel / Oui
Les incidents (virus, mail piégé cliqué, panne, perte de matériel) sont notés, analysés et suivis jusqu’à correction
Un incident non noté se reproduira.
-
Non / Partiel / Oui
On sait qui appeler en cas d’attaque, et la fiche est accessible sans l’informatique
Prestataire, assureur, cybermalveillance.gouv.fr, banque : sur papier, dans un endroit connu, parce que le jour venu les écrans seront noirs.
Pilotage
-
Non / Partiel / Oui
Les actions décidées au dernier audit ont été réalisées et vérifiées
Kaizen.fr les liste : celles qui restent ouvertes répondent à la question.
-
Non / Partiel / Oui
Un contrôle périodique vérifie que les mesures tiennent : revue des accès, des sauvegardes, des règles du pare-feu
La sécurité se dégrade toute seule ; c’est la vérification régulière qui la maintient.
-
Non / Partiel / Oui
La direction a vu le résultat de cet audit et a arbitré les actions
Sans arbitrage, les actions attendent le prochain incident.
Construit avec Kaizen.fr
Ce modèle emploie 1 des 10 types de réponse du moteur. Les voici tous : votre formulaire se compose avec ceux que votre métier demande.
- Valeur numérique avec unité
- Valeur cible ± tolérance
- Note
- Pourcentage
- Échelle personnalisée employé ici
- OK / NOK
- Liste de choix
- Texte libre
- Date
- Photo à fournir
Comment l’utiliser
- Répondez avec des preuves, pas des souvenirs. « Les sauvegardes marchent » n’est pas une réponse ; « on a restauré le dossier compta le 12 mars et ça a pris vingt minutes » en est une. Sans preuve, cochez Partiel.
- Faites-le à deux : vous et la personne qui touche à l’informatique (salarié ou prestataire). Vous, vous savez ce qui compte pour l’entreprise ; elle, elle sait ce qui est réellement en place. Les écarts entre les deux réponses sont les plus instructifs.
- Partiel est un écart. Une mesure « en cours », « prévue », « faite pour la plupart des postes » n’arrête pas une attaque. Elle crée une action.
- N/A sans hésiter quand la question ne vous concerne pas : pas de serveur, pas de télétravail, pas de wifi invité. Le score n’en tient pas compte.
- Créez les actions à la fin, sur place, une par écart, avec un responsable et une date. Traitez d’abord ce qui coûte peu et protège beaucoup : double authentification sur la messagerie, sauvegarde hors ligne, mises à jour automatiques.
- Re-mesurez le trimestre suivant. La courbe par thème dit si la sécurité progresse ou si elle repose toujours sur la même personne.
Les erreurs classiques
- Laisser le prestataire répondre seul. Il répondra Oui de bonne foi à ce qu’il a installé, pas à ce que les salariés font vraiment. L’audit mesure les deux.
- Confondre « on a un antivirus » et « il est actif partout et quelqu’un est prévenu quand il s’arrête ». La deuxième moitié de la phrase fait toute la différence.
- Ne jamais tester la restauration. Une sauvegarde qu’on n’a jamais restaurée est une hypothèse, pas une sauvegarde.
- Croire que c’est trop petit pour intéresser quelqu’un. Les attaques sont automatiques ; elles ne choisissent pas, elles trouvent.
- Faire l’audit une fois pour l’assureur et le ranger. Un mot de passe change, un salarié part, un logiciel n’est plus maintenu : la sécurité se dégrade toute seule. D’où le trimestre.